⬇️ SIMULATEUR DE TAXE 2027 EN BAS DE PAGE ⬇️

Réforme de la TAEMUP : quels changements pour la taxe annuelle des bateaux de plaisance en 2027 ?

À retenir :

La réforme de la taxe annuelle sur les engins maritimes à usage personnel (TAEMUP 2027) prévoit une modification en profondeur du calcul de la taxe bateau, avec un passage des chevaux administratifs aux kilowatts (kW), de nouveaux barèmes selon la longueur de coque et une refonte des abattements d’ancienneté.
Son entrée en vigueur est envisagée au 1er janvier 2027, mais elle n’est pas définitive : son application reste conditionnée à l’issue des négociations en cours entre la Fédération des Industries Nautiques (FIN) et le gouvernement. En cas d’application en l’état, la réforme entraînerait notamment une hausse sensible de la taxe pour les bateaux fortement motorisés.

À quoi correspond la taxe annuelle sur les engins maritimes à usage personnel ?

La taxe annuelle sur les engins maritimes à usage personnel, plus connue sous l’acronyme TAEMUP, est un impôt dû chaque année par les propriétaires de bateaux de plaisance immatriculés en France. Elle s’applique aux navires utilisés à titre privé, qu’il s’agisse de bateaux à moteur, de voiliers, de VNM ou autres engins nautiques spécifiques.

Historiquement, la TAEMUP repose sur deux critères principaux :

  • La longueur de la coque du bateau
  • La puissance du moteur.

Les bateaux concernés par la TAEMUP jusqu’à présent

Aujourd’hui, la TAEMUP concerne principalement les bateaux dont la longueur de coque dépasse 7 mètres ou dont la puissance moteur excède un certain seuil administratif – exprimé en chevaux fiscaux. Les voiliers équipés d’un moteur auxiliaire sont aussi concernés, même lorsque la propulsion principale reste la voile.

La réforme de la taxe annuelle bateau engagée par l’État

La réforme de la taxe annuelle sur les engins maritimes à usage personnel est portée, sur le plan juridique, par l’article 16 quinquies du projet de loi de finances pour 2026. Le cœur de la réforme consiste à modifier en profondeur plusieurs articles du Code des impositions sur les biens et services, notamment ceux relatifs au champ d’imposition, aux barèmes applicables et aux mécanismes d’abattement.

Les limites du calcul basé sur les CV administratifs

La base de calcul de la TAEMUP actuelle, jugée obsolète par le gouvernement, est un point majeur du projet de réforme :

Selon le gouvernement, le système de taxation fondé sur les chevaux administratifs repose sur une donnée peu lisible pour les plaisanciers – rarement mentionnée dans les documents techniques courants des moteurs. Cette valeur administrative ne traduit pas fidèlement la puissance réelle ni les performances effectives des bateaux.

→ Prenons pour exemple la série F de Yamaha :

La base de calcul (course/alésage/nombre de pistons) reste la même pour un modèle de 200, de 225 ou de 250 CV – soit une même taxe applicable avec le calcul actuel. En revanche, les puissances exprimées en kW sont bien différentes : respectivement 147.1, 165.5 et 183.9 kW. Il en est de même chez de nombreux motoristes qui produisent un même bloc moteur (HB ou IB) pour des puissances de sorties différentes.

Avec l’essor des motorisations hors-bord puissantes, des bi-motorisations et des configurations modernes, le décalage entre puissance fiscale et puissance propulsive s’est accentué : aujourd’hui, le barème par tranches augmente les effets de seuil, rend le système actuel inéquitable et est régulièrement source de contestations.

Selon les autorités, la réforme viserait à simplifier les démarches et à rétablir une certaine cohérence technique. Elle s’appuierait sur des données plus objectives et directement mesurables.

Mais attention : les effets financiers seraient non négligeables pour certains profils de bateaux…

Des discussions en cours avec la filière nautique

Consciente des effets que cette réforme de la TAEMUP pourrait engendrer, la Fédération des Industries Nautiques (FIN) a engagé des négociations avec les pouvoirs publics. Les discussions portent notamment sur le niveau des barèmes, les seuils retenus et les mécanismes d’abattement, afin de limiter les effets jugés excessifs pour certains plaisanciers.

Réforme de la TAEMUP : une entrée en vigueur au 1er janvier 2027

Bien que le texte prévoie une entrée en vigueur en 2027, cette échéance reste conditionnée aux échanges entre la FIN, les différentes associations impliquées dans l’industrie nautique et le gouvernement : le législateur a volontairement laissé une fenêtre de temps importante avant l’entrée en vigueur, pour permettre les ajustements.

Tant que les négociations ne sont pas closes, le cadre définitif de la réforme pourra encore évoluer !

TAEMUP votée : ce que prévoit juridiquement la réforme

Avec la nouvelle version de la TAEMUP, le calcul de la taxe reposerait toujours sur une distinction entre la taxation de la coque et la taxation de la motorisation, ainsi que sur un barème progressif.

Parmi les modifications majeures, on compterait :

  • La prise en compte de la puissance réelle des bateaux, exprimée en kilowatts
  • Des abattements réduits, moins avantageux.

La refonte du barème de taxe TAEMUP selon la puissance moteur

Avec la réforme de la TAEMUP, la référence aux chevaux administratifs serait abandonnée au profit de la puissance propulsive exprimée en kilowatts (kW). Le seuil d’entrée dans le champ de taxation serait fixé à 120 kW, soit l’équivalent d’environ 163 chevaux.

Le barème deviendrait progressif, exprimé en euros par kilowatt, avec une taxation croissante en fonction de la puissance cumulée des moteurs. Le montant de la TAEMUP dépendrait ainsi d’une donnée technique objective – directement issue des caractéristiques constructeur – et éviterait les ruptures brutales entre deux niveaux de puissance.

Réforme TAEMUP 2027 : nouveau barème progressif en euros par kW

Puissance en KW Montant en eur / Kw
Jusqu’à 159 kW 3 €/kW
De 160 à 299 kW 4 €/kW
De 300 à 999 kW 5 €/kW
À partir de 999 kW 6 €/kW

→ Concrètement, ce basculement vers les kW entraînerait un impact significatif pour les bateaux fortement motorisés, en particulier ceux équipés de bi-motorisations ou de tri-motorisations hors-bord. À l’inverse, certaines unités faiblement motorisées pourraient voir leur situation évoluer de manière plus modérée.

L’évolution du barème de taxe selon la longueur de coque

Actuellement, la part de la TAEMUP liée à la longueur de coque repose sur un barème par tranches : les bateaux de moins de 7 mètres ne sont pas taxés sur ce critère, tandis que les unités plus grandes sont soumises à une contribution croissante en fonction de leur longueur.

Avec le nouveau barème applicable à partir de 2027, on assisterait à une revalorisation des tranches intermédiaires, et à l’introduction de nouvelles tranches pour les très grandes unités. Les bateaux de plus de 15 mètres et ceux dépassant 24 mètres verraient leur taxation augmenter plus sensiblement.

Évolution du barème de la longueur de coque avant et après la réforme de la TAEMUP

Longueur de coque Barème historique Nouveau barème
< 7 m 0 € 0 €
7–8 m 77 € 80 €
8–9 m 105 € 110 €
9–10 m 178 € 185 €
10–11 m 240 € 250 €
11–12 m 274 € 285 €
12–15 m 458 € 470 €
≥ 15 m 886 € (au-delà de 15 m) -900 € de 15 à 24 m -1200 € au-delà de 24 m

TAEMUP : les nouveaux abattements d’ancienneté applicables en 2027

Jusqu’à présent, les règles d’abattement applicables à la TAEMUP reposaient sur un mécanisme simple : un article unique du Code des impositions prévoyait une minoration globale pour les engins construits avant 2008, sans distinction claire entre la part liée à la coque et celle liée à la puissance moteur.

La réforme 2027 de la TAEMUP marquerait la fin d’un régime unique, avec des abattements d’ancienneté refondus : l’ancien abattement « général » serait remplacé par des règles plus ciblées, avec un durcissement sur certains profils – les bateaux à motorisations très puissantes, notamment, et les VNM anciens.

Nouveaux abattements prévus avec la réforme TAEMUP (2027)

Année de mise en circulation Abattement
Avant 1993 70%
1993-1997 50%
1998-2007 25%

À noter : l'abattement ne serait plus accessible aux navires dont la motorisation dépasse 1 000 kW, contre 100 CV administratifs auparavant.

Enfin, de nouvelles dispositions seraient mises en place, notamment un bonus énergie décarbonée avec minoration de 50 % sur le terme puissance des navires concernés.

Réforme TAEMUP : exemples de calculs avant/après

Exemple 1 : Bateau à moteur récent fortement motorisé

Prenons le cas d’un bateau à moteur de type open récent, équipé de deux moteurs hors-bord puissants : avant le passage de la réforme de la TAEMUP, la taxation repose sur la longueur de coque et sur une puissance exprimée en chevaux administratifs. Elle correspond à un montant global déjà élevé, mais relativement stable dans le temps.

Avec la nouvelle méthode de calcul basée sur les kilowatts, la puissance cumulée deviendrait le facteur déterminant : la part « moteur » de la taxe augmenterait fortement, tandis que la part liée à la longueur de coque n’évoluerait que marginalement.

Le résultat serait une hausse significative de la TAEMUP, qui pourrait dépasser plusieurs centaines d’euros par an.

Calcul de TAEMUP pour un Cap Camarat 10.5 de 2020 (sans abattement)

Element de taxation Avant la réforme Après la réforme
Taxe longueur de coque 240 € 250 €
Taxe moteur 2 x Yamaha F350 1 520 € 2 570 €
Taxe totale 1 760 € 2 820 € (+62%)

Exemple 2 : Voilier ancien avec motorisation auxiliaire

À l’inverse, le cas d’un voilier ancien, équipé d’un moteur inboard de faible puissance, permet de nuancer l’impact de la réforme : en effet, la part liée à la longueur de coque évoluerait légèrement à la hausse, mais la puissance moteur resterait très en dessous des seuils les plus pénalisants.

La refonte des abattements d’ancienneté, elle, pourrait dans certains cas entraîner une augmentation non négligeable de la taxe totale. Même pour des bateaux considérés comme sobres en motorisation, la réforme pourrait donc se traduire par une hausse.

Calcul de TAEMUP pour un voilier Oceanis 47 de 2003

Element de taxation Avant la réforme Après la réforme
Taxe longueur de coque 458 € 470 €
Taxe moteur Volvo TMD 22 de 57,3 kW 140 € 171 € (+60%)
Abattement 33% 25%
Taxe totale 317 € 481 € (+51%)

Plaisanciers, méfiez-vous : chaque élément communiqué à l’administration maritime doit être exact pour éviter toute erreur de taxation. Si la réforme entre effectivement en vigueur, une puissance mal déclarée, une année de construction imprécise ou l’omission d’un abattement applicable pourront avoir d’importantes conséquences financières. Au besoin, faites confiance à notre équipe pour vous assister dans vos déclarations !

FAQ – Réforme de la TAEMUP 2027 : l’essentiel à retenir

La réforme de la TAEMUP s’appliquera-t-elle bien en 2027 ?

Le texte prévoit une entrée en vigueur au 1er janvier 2027, mais cette application reste conditionnée à l’issue des négociations en cours entre la FIN et le gouvernement. Tant que ces discussions ne sont pas finalisées, le dispositif peut encore être ajusté.

Comment sera calculée la nouvelle taxe bateau ?

En cas d’entrée en vigueur sous ce format, la nouvelle TAEMUP reposera sur deux éléments :

  • Un barème selon la longueur de coque
  • Un barème progressif selon la puissance moteur exprimée en kW, en remplacement des chevaux administratifs.

Quels bateaux sont les plus concernés par la réforme ?

Les bateaux fortement motorisés, en particulier ceux équipés de plusieurs moteurs hors-bord, seraient les plus impactés. Les unités faiblement motorisées ou anciennes resteraient globalement moins exposées

Les bateaux anciens bénéficieront ils encore d’abattements ?

A priori oui, mais les règles changeraient : les abattements seraient désormais différenciés entre la longueur de coque et la puissance moteur, avec des taux variables selon l’année de construction. Dans certains cas, la minoration serait moins favorable qu’avant.

Calcul TAEMUP (nouveau barème 2027)

Calcul TAEMUP (nouveau barème 2027) ex DAFN

Type d’engin
Exonération navire uniquement si : longueur < 7 m ET puissance totale < 120 kW.
Sinon, la taxe moteur est comptée (même si la taxe coque s’applique).

Résultat :